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Fragmentale vue 1
FRAGMENTALE (intramuros)
Béton, 96 cellules, 250 x 300 x 20 cm, Jules Goliath, 2021 © Florentine Charon
Fragmentale vue 2
FRAGMENTALE (intramuros)
Vue arrière de l'installation © Florentine Charon
Fragmentale détail
FRAGMENTALE (intramuros)
Détail cellulaire © Florentine Charon
Fragmentale tranche
FRAGMENTALE (intramuros)
Vue de profil © Florentine Charon
Un pas de plus vue 1
Un pas de plus
Seuil, Béton Armé, 25 x 145 x 25 cm, 2021 © Florentine Charon
Un pas de plus vue 2
Un pas de plus
Détail © Florentine Charon
Le ciment est un matériau paradoxal. Il représente à la fois une garantie de solidité durable – un défi du génie humain face au Temps –, et la possibilité de figer un moment précis, unique, une réalité très particulière, dans une capsule hermétique ; de sauvegarder un instantané «tel quel», à jamais.

C’est de cette dualité philosophique que nous parle, entre autre, l’installation Fragmentale(intramuros) de Jules Goliath, avec cette muraille double-face courbée qui nous accueille dans l’atelier Vannier et dont chaque grosse cellule en béton jouit d’un statut de paysage architectural sculpté. Assemblées sans être scellées, seulement posées, les cellules proposent au visiteur deux expériences visuelles différentes. L’«intérieur» est lisse, les surfaces sont vides; il s’agit en quelque sorte d’un mur «normal». De l’« extérieur», néanmoins, les cellules sont ouvertes, mettant en scène des éléments architecturaux divers (arcades, portes, escaliers...) dans un état historiquement dénudé, éternel. Moulés et piégés dans le béton avant d’être libérés par éclatement, ces traces de «lieux» qui font penser à la fois aux vestiges imaginaires de Piranèse et aux villes invisibles de Calvino, invitent à une réflexion sur le caractère et la fonction de la «ruine » proche aux dualités proposées par l’historien et archéologue Alain Schnapp: «La ruine est ce qui reste d’une tension entre mémoire et oubli, permanence et impermanence, œuvre de culture et action de la nature ».

Makis Malafekas